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René Descartes Prix : 17.00 € |
Discours de la méthode | |||
1. | Première partie (14:37) |
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2. | Deuxième partie (9:58) |
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3. | Troisième partie (8:29) |
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![]() | 4. | Quatrième partie (9:25) |
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Temps Total 42:35
Quand j’étais élève de philo au Lycée Henri Poincaré à Nancy, j’eus la chance d’avoir comme professeur Régis Debray, ce fut son premier et unique poste d’enseignant, il nous abandonna à Pâques pour partir à Cuba...
Comme nos vieux instituteurs de l’école primaire, ce jeune agrégé inspiré nous demanda d’apprendre par coeur les règles de la Méthode. Sans crier gare, cette pédagogie qui nous semblait archaïque nous ensemença le cerveau, le texte vieillit dans l’entrelacs de ses neurones comme le vin dans son fût de chêne. J’en goûtais les résultats bien des années plus tard en feuilletant une vieille édition du Discours chez un bouquiniste du boulevard Saint-Michel. J’achetai le livre, je le lus comme on lit la lettre d’un parent éloigné que l’on n’a jamais connu mais avec qui on sait partager un peu de sang commun. Je décidai alors de jouer ce texte, partagé entre la peur de me confronter à un texte aussi difficile et l’évidence de son intérêt. Tout le monde se revendique de Descartes, tout le monde reconnaît le Discours de la Méthode comme un texte fondateur de notre culture, mais peu de gens l’ont lu. Alors j’ai donné ce Discours au public, fidèle en cela à René Descartes qui souhaitait ce Discours répandu, ne l’avait-il pas écrit en français et non en latin pour cela.
Ce qui me plait dans ce texte et ce à quoi j’aimerais que l’auditeur soit sensible, c’est cette pensée dépliée qui prend tour à tour le ton de la confidence, du familier, de l’effroi et de la dérision. mais qui s’exprime dans la joie de comprendre. Descartes, quand il écrit le Discours est à Amsterdam. C’est l’époque où la peinture hollandaise nous donne ces images si fortes d’intérieurs paisibles, comme si on entrait dans "la maison de l’Eden". Dans cette quiétude domestique, l’acte de penser devient gustatif, c’est une jouissance : le confort permet aux idées de s’échapper et d’emplir tout l’espace du "poêle". Cela m’avait frappé ce poêle dans lequel on entre, cette pièce tellement envahie par le foyer et sa chaleur qu’elle prend son nom. Il m’apparut alors évident que cet homme était dans sa tête comme dans "le poêle", que cette pièce devenait sa tête et qu’au chaud, presque en transe, il était parvenu à habiter sa pensée, à la rendre claire et palpable au point de pouvoir s’y repérer.
Marcher de long en large pour réfléchir, c’est la tentative vaine de faire de son esprit un espace et de s’y orienter. René Descartes parvient à reconstituer sa géographie intérieure et nous en fait confidence. "Qu’est-ce donc que je lis dans le Discours de la Méthode ? Ce qui attire mon regard, c’est si l’on veut l’emploi du je et du moi et le son de la voix humaine" dit Paul Valéry. (quatrième partie).
Alain Simon