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  Divertissement - Classique à la provençale  

Divertissement - Classique à la provençale
Chantal de Zeeuw , orgue 
Maurice Guis , galoubet tambourin, vielle a roue 

VOL IC 214

Prix : 17.00 €


Sonate op.27, n°2, J. Bodin de Boismortier (1682-1765)

 

12.

    Andante grazioso  (1:37)

 

1.

    Allemande  (1:39)

   

13.

    Menuet  (1:53)

 

2.

    Courante  (1:19)

   

14.

    Rondo allegro  (2:10)

 

3.

    Rondeau  (1:08)

   

15.

Il faut à la rose, romance, anonyme XVIIIe s.  (2:15)

 

4.

    Gigue  (1:23)

   

16.

Basse danse "Jouyssance vous donneray", Thoinot   Arbeau,   L’Orchésographie (1496)  (1:59)

 

5.

La chasse, Arnaud, Marseille XVIIIe s.  (2:21)

   

Trio, Mozart (1756-1791)

6.

Symphonie de Noëls "Où s’en vont ces gais bergers", Delalande (1657-1726)  (4:09)

   

17.

    Allegro  (1:12)

 

7.

5 pièces pour pendule à musique, Haydn (1732 -1809)  (5:58)

   

18.

    Minuetto  (1:57)

 

Les amusements de Bellone, N. Chédeville le Cadet  (1705-82)

 

19.

    Andante  (1:55)

 

8.

    Les plaisirs de Mars  (1:34)

   

20.

    Allegro  (0:58)

 

9.

    Henry IV  (1:33)

   

21.

Andante,  anonyme  XVIIIe s.  (2:23)

 

10.

    Les Houzarts  (2:10)

   

22.

Brillantes fleurs, Lemarchand (vers 1780)  (3:01)

 

Sonata, James Hook (1746-1827)

 

23.

5 danses , M. Pesenti (1600-48)  (4:49)

 

11.

    Allegretto  (2:39)

   

24.

Ouverture de Fanchon la Vielleuse, Doche (1766-1825)  (4:34)

 

Temps Total  56:39


Classique à la provençale

A la provençale... avez-vous dit ? Ne sommes-nous pas plutôt, avec Boismortier, Haydn ou Mozart, aux antipodes d'une musique typiquement régionale ? Et pourtant... L’instrument "identitaire" provençal, - la flûte à trois trous, appelée de nos jours galoubet, accompagnée du grand tambourin - nous ouvre à lui seul de bien curieuses perspectives sur les rapports des milieux populaires provençaux avec la musique.

Véritable carrefour des civilisations, la Provence a cultivé ce paradoxe d'être un pays très ouvert tout en se construisant une identité particulièrement forte. C'est dire qu'elle était prête à accueillir les musiques venues d'ailleurs, même les plus savantes, tout en les marquant d'une empreinte bien particulière - on dira : franchise d'allure, clarté... C'est ainsi qu'aussi loin que l'on puisse remonter dans le temps, on constate que les tambourinaires ont adopté les "classiques" nationaux et internationaux en les arrangeant à leur convenance. Ils ont ainsi joué Lully et Rameau, Mozart et Devienne, Grétry et Boïeldieu, Weber et Rossini, Verdi, Gounod, Bizet... pour n'en citer que quelques-uns. N'oublions pas non plus que, sous sa forme baroque, la "flûte de tambourin" a connu les salons de l'aristocratie parisienne et qu'elle y a gagné un répertoire virtuose et galant. Nous sommes donc en présence d'une véritable tradition populaire dans laquelle certes, le seul amateur de pittoresque est peut-être frustré, mais où le musicien trouve son compte. On ne s'étonnera donc pas que le présent enregistrement rassemble autant de "classiques" sans pour autant laisser planer le doute sur son identité culturelle.

Ajoutons que les tambourinaires, en raison même de leur répertoire, se joignaient volontiers à d'autres instruments - clavecin, viole, basson, violon, orgue, voire plus tard pianoforte et même orchestre. L'orgue de salon construit par Pierre Rochas dans sa demeure de Brignoles - en pleine Provence - se prêtait admirablement par ses sonorités particulièrement riches et variées à ce programme à la fois léger et sérieux qui fait la part belle - mais pas uniquement - à la musique du XVIIIe siècle, un des siècles d'or des instruments "champêtres".

 

INSTRUMENTS

La flûte harmonique percée de trois trous seulement, très répandue en Europe au Moyen Âge et à l'époque de la Renaissance, est encore jouée sous différentes formes au Portugal, en Espagne, Angleterre, Pays Basque, Provence.

La main demeurée libre accompagne en frappant un instrument à percussion (tambourin à peaux ou tambourin à cordes)

Trois instruments du type "flûte à 3 trous" sont utilisés dans cet enregistrement :
a) un galoubet provençal, modèle dit "en la", oeuvre du facteur André Fabre.
galoubet tambourin

Il est accompagné du grand tambourin à peaux, traditionnellement sculpté dans le noyer et agencé de manière à produire un son continu semblable à un bourdon, d'un effet très particulier,
galoubet tambourin

b) une "flûte de tambourin" baroque, également dûe à André Fabre. L'étendue et la sonorité de cet instrument sont sensiblement différentes de celles du galoubet provençal traditionnel
c) un "grand flûtet" de la fin du Moyen Âge et du XVIe siècle, de plus grande taille et donc de tessiture beaucoup plus grave, reconstitué par le facteur Antoine (Orgon). Il est accompagné par un petit tambourin de sonorité plus aiguë.

La vielle à roue est une reconstitution d'une vielle du modèle dit "champenois" du XVIIe siècle, par Jean Ribouillot.
vielle a roue

L'orgue utilisé pour cet enregistrement a été construit et harmonisé dans l'esthétique Baroque par Pierre Rochas dans les années 60. Dans cet im-portant instrument de salon (46 registres, 3 claviers) ont été choisis une dizaine de jeux de détail (Bourdons, Flûtes, Régale, Petits principaux) pour l'accompagnement de galoubets adaptés au tempérament inégal de l'orgue et spécialement fabriqués et harmonisés par André Fabre.